Macron est en panne sur quatre dossiers stratégiques. Pour relancer son quinquennat, il a 48 heures chrono pour les déverrouiller.

Sur quatre dossiers stratégiques - la politique économique, le modèle social, la réforme de l’Etat et l’Europe - Emmanuel Macron est en panne. Sur quatre dossiers stratégiques - la politique économique, le modèle social, la réforme de l’Etat et l’Europe - Emmanuel Macron est en panne. 

Rentrée difficile. En 48 heures, le président de la République doit remanier son gouvernement et corriger l’effet désastreux de la démission de Nicolas Hulot, régler la question de l’impôt à la source, réunir le Conseil des ministres et inviter le gouvernement pour un séminaire stratégique. Il doit soutenir le lancement de la loi Pacte dont Bruno Le Maire a la charge, il doit préparer le prochain sommet européen qui doit acter l’échec de la négociation Brexit, mesurer le poids des populismes capables de faire sauter le système pour essayer de définir une alternative. 

Rentrée difficile donc, qui donne l’impression de partir dans tous les sens, mais n’est-ce pas le lot réservé à tous les présidents au moment du retour en vacances. En général, le retour au calme prend quelques jours.

A la fin de la semaine, on saura donc si le président de la République a pu restaurer la stratégie qu’il avait promis de mettre en œuvre à son arrivée au pouvoir. 

Le cahier des charges sur lequel il a été élu était simple : remettre la France en état d’assumer la concurrence internationale. D’où son diagnostic de départ soulignant le déficit de compétitivité. Très simple, très pragmatique, c’est d’ailleurs les deux raisons qui ont fait qu’il fut encensé pour sa modernité et son efficacité promise.   

Personne ne sait si Emmanuel Macron réussira à respecter ce cahier des charges. Personne. Ce que l’on sait, c’est qu’après une année de mandat assez frénétique, Emmanuel Macron donne le sentiment de tourner en rond entre les déçus et les mécontents. Sa force a sans doute été la faiblesse de ses adversaires. Seulement voilà, la faiblesse persistante de ses adversaires fait qu’il n’a pas de dialogue critique et positif avec l’opposition. Il est donc très seul et sans boussole. 

Le président de la République est donc en panne sur quatre dossiers stratégiques : 

1er dossier, la politique économique. La rentrée s’est faite dans une conjoncture essoufflée. La croissance ralentie par rapport au rythme des neufs premiers mois de mandat oblige le gouvernement à réviser sa perspective budgétaire. Quant à la situation de l’emploi, les prévisions d’amélioration bute sur la persistance d’un chômage structurel important, alors que le marché des cadres et des employés spécialisés se tend faute de candidats. Ce paradoxe ne participe pas à l‘amélioration du climat général. La réaction de la classe politique est très contradictoire mais celle du président devrait être de revenir dans sa ligne de départ, à savoir poursuivre les réformes capables de restaurer les marges de compétitivité des entreprises. Aller plus loin sur la voie des réformes, laisser respirer les chefs d’entreprise. Et améliorer leur eco système. La loi Pacte, qui va être présentée, va dans cette direction mais il faut la défendre. 

2e dossier, le modèle social. Si le modèle social est malade, il faut le réformer sur l’assurance maladie, la retraite et le chômage. Ce systèmethéoriquement paritaire est à bout de souffle puisque c’est l’Etat qui fait les fins de mois. Là encore, ça passe par des réformes radicales où le pouvoir hésite et tergiverse parce que ça touche aux structures, au rôle et au financement des syndicats . 

3e dossier, la réforme de l’Etat. Le chantier n’a pas été ouvert. L’enjeu est de réduire les dépenses de l’Etat et de rendre au marché une part des initiatives assumées par le public parce que le secteur public n’est pas le plus efficace et le moins couteux. Or,il n‘y a rien dans le projet de budget qui puisse laisser penser qu‘on va ouvrir ce vaste chantier. La mise en place délicate du prélèvement de l’impôt à la source entraine une réforme technique des services de l’impôt mais ne peut pas tenir lieu de réformes de l’impôt lui-même. Plus grave, l’imbroglio créé. Faut-il que la machine administrative soit déboussolée pour qu’une question d’organisation administrative remonte à l’Elysée et que ça soit le président lui-même qui se charge de vérifier les risques de bugs? 

4e dossier, la réforme de l’Union européenne.Emmanuel Macron était porteur d’une ambition forte pour relancer l’Union européenne. Son diagnostic ne dénonçait pas un excès d’Europe, mais un déficit politique dans la gouvernance européenne. Emmanuel Macron pensait trouver en Allemagne une alliée de poids, or Angela Merkel a perdu de sa légitimité alors que l’Europe tout entière assiste à une montée en force des mouvements populistes, nationalistes et identitaires. Autant de facteur de déstabilisation de l’Union européenne. 

Ces quatre dossiers passent par ces chantiers de reconstruction gigantesques, mais qui ne sont pas tous générateurs de popularité.