Les 3 meilleurs Père Noël pour l’année 2017 auront été...

Quelques jours après le passage du Père Noël, l’heure du bilan arrive. Lesquels ont été les plus généreux ?

 

Soyons cyniques. Le père Noel ne plait pas à tout le monde, c’est pourquoi on en invente ou en désigne de nombreux. On a cru bon de faire croire aux enfants que le Père Noël apportait de l’amour et de l’affection mais sa hotte est diversement pleine. Les enfants mettent peu de temps à découvrir que l’agilité du Père Noël est aussi une affaire de gros sous. 

Alors 2017 a été une année fructueuse sur le front de la croissance, donc de la richesse dans le monde à 3,7% comme en France à 1,9% selon l’INSEE. Les investisseurs ont particulièrement été gâté puisqu’ils ont vu le climat des affaires s’éclaircir.

 

Donald Trump en Père Noël fiscal des entreprises… et du Trésor américain

Il aura tenu une de ses principales promesses quelques jours avant Noël ! Le président américain, tant décrié sur les autres pans de sa politique, pourra se targuer d’avoir tenu bon face au Congrès sur le terrain fiscal. C’est bien la seule promesse qu’il ait réussi à faire passer. Sa réforme tant attendue, a donc été promulguée vendredi.

 « Un grand, gros et bon cadeau de Noël », selon le président américain.

Le taux d’impôts sur les sociétés passe pour les entreprises américaines de 35% à 21%.

De quoi terminer sur une montagne de records pour les marchés financiers qui avaient déjà anticipé les effets de cette réforme. Car une baisse d’impôts signifiera pour beaucoup d’entreprises une hausse des dividendes. Le Dow Jones est donc en hausse pour le 9ème mois consécutif

Alors que Donald Trump s’est lui réjoui d’un Noël en cascades, après que certaines entreprises aient déjà annoncé des versements spéciaux de primes de 1000 dollars à leurs salariés – comme Bank of America ou ATT -  voire une augmentation de salaires.

Les ménages pourront eux aussi constater une diminution de leur barème de l’impôt sur le revenu mais cette mesure n’est censée durer que jusqu’en 2025. A cela s’ajoutent d’autres mesures comme la suppression pure et simple de la taxe sur les héritages (en dessous de 10 millions de dollars) ou encore de l’amende pour les américains ne souscrivant à aucun système de protection sociale privé (et donc mort de l’Obamacare).

Mais la surprise du chef de la réforme n’est pas tant du côté des ménages, que dans le rapatriement des profits d’entreprises américaines opérant à l’étranger.

Et là, c’est le Trésor qui s’en frotte les mains. Les revenus actuellement à l’étranger rapatriés dans les entreprises américaines bénéficieront d’une imposition réduite. Ce sont des géants du numérique comme Apple, Oracle ou Microsoft  ou des industriels comme General Electric qui ont accumulé, des centaines de milliards dollars en trésors de guerre à l'étranger qui pourraient en profiter en s’acquittant d'un prélèvement allant de 8 % à 15,5 % de leurs profits gardés à l'étranger

De quoi rendre le territoire américain plus attractif pour un retour à une domiciliation américaine.

 

Emmanuel Macron, le président le plus gâté au monde par le Père Noel de la politique.

D’abord certains diront qu’il a été un excellent Père Noel pour les entreprises, mais pas seulement. Il n’a fait que rendre un peu de ce que l’opinion publique française lui a offert depuis un an.

Parce que pour le président français, 2017 a été une suite de cadeaux de Noël. Des événements de campagne de ses adversaires, ses succès jusqu’au plus somptueux : se retrouver face à Marine Le Pen le 6 mai.

Il a tenté cette année de redistribuer quelques-unes de toutes ces victoires chanceuses.

Dans un premier temps il a joue les Père Noël pour les entreprises afin d’améliorer leur compétitivité. Et les réformes de rigueur sociale ont été le premier chantier de son mandat. Après la signature des ordonnances de la loi travail en septembre, le président espère que les autres volets suivront au même rythme.

Dans ces ordonnances, on retrouve des cadeaux spécifiquement destinés aux PME comme la possibilité de négocier sans syndicat en dessous d’un effectif de 50 salariés, le plafonnement des indemnités prudhommales et la réduction des délais de recours des salariés (un an pour tous les licenciements). Pour les grandes entreprises également, avec la modification des licenciements économiques, qui peuvent maintenant se baser sur des résultats nationaux pour apprécier les difficultés économiques des multinationales.

Dans un deuxième temps, il a annoncé une série de réforme pour protéger les populations les plus fragiles. A faire, sans casser les ressorts de la croissance. Ça ne sera pas très facile. Le Père Noël 2018 va devoir faire preuve d’une grande habileté et d’une grande imagination parce que la situation sera forcement moins facile.

 

Le Père Noël le plus inattendu de la planète : celui de la monnaie digitale

Si l’on prend l’année 2017 dans son ensemble, le Père Noël aura fait un très beau cadeau à ceux qui auront eu l’audace d’acheter des crypto monnaies, et en particulier le bitcoin. La valeur du bitcoin est passée d'environ 1.000 dollars en janvier à plus de 15.000 dollars le 26 décembre, après avoir flirté avec les 20.000 dollars à la mi-décembre.

Autrefois réservé à l’univers des geeks, le bitcoin a parfaitement intégré les sphères financières durant l’année 2017 : dépassant celle des spéculateurs curieux et téméraires ou des hedge funds sophistiqués, certaines places financières ont lancé des contrats à terme en bitcoins alors que des startups lèvent maintenant des fonds en émettant de la monnaie digitale. 2017, l’heure de l’institutionnalisation pour le bitcoin. Même si le mystère persiste toujours pour la suite. Avec ses déconvenues de la deuxième quinzaine de décembre, la faillite d’une plateforme échangeant des bitcoins et un mini crash du cours, la thèse d’une bulle spéculative est loin d’être écartée. Les questions sur les garanties du bitcoin demeurent. Il faut alors s’attendre à ce que, pour l’année 2018, les surprises ne soient pas aussi bonnes.

Le père Noel de la monnaie peut se révéler être un vulgaire marchand d’illusions.

En attendant,

-on attend toujours en France le Père Noël de l’emploi qui réduirait le taux de chômage français,

-on attend un peu partout dans le monde développé le Père Noël de l’écologie, qui accélèrerait et faciliterait les mesures en faveur de l’environnement

-on attend même en Europe, le Père Noël qui résoudrait l’impasse du Brexit….

Déjà une liste pour l’année prochaine, alors au boulot Père Noël !