Le palmarès des régions qui attirent le plus les Français révèle un début de désamour des grandes métropoles. Paris ne fait plus rêver.

Près de 4 Français actifs sur 10 cherchent un emploi dans une autre région que la leur, et notamment les Franciliens puisque 67% des actifs de région parisienne sont prêts à travailler en province. 

Quelle surprise ! Les Français sont massivement prêts à la mobilité interrégionale, ils sont prêts à quitter la région parisienne et leurs provinces préférées sont l’Auvergne et les Rhône-Alpes. 

Ces phénomènes sont révélés par le résultat de l’analyse fine des offres d’emplois consultées par près de 7 millions d’utilisateurs au 1er trimestre 2019. C’est la société Hellowork, un des 3 acteurs privés les plus importants du marché de l’emploi et qui regroupe notamment les plateformes Régions-Job, Paris-Job et Cadre. Hellowork, qui a recueilli donc des millions de demandes effectuées par des candidats à la mobilité, nous dit tout ou presque des envies de mobilité professionnelle des Français. 

Et la surprise est énorme. Alors que le mouvement des gilets jaunes a révélé l’ampleur de la fracture entre deux France. Une France des métropoles inscrite dans la modernité du digital et de la mondialisation  et une France de la périphérie, perdue dans une province abandonnée par l’industrialisation et les services publics. Ce clivage ne correspond pas aux envies et aux besoins des Français. 

Pour résumer le diagnostic, on constate désormais que 

- Près de 4 actifs sur 10 cherchent un emploi dans une autre région

- La région Auvergne-Rhône-Alpes est celle qui attire le plus les candidats des autres régions

- 67% des actifs franciliens s'intéressent à un emploi dans une autre région alors qu'ils ne sont que 33% en région

- Les Franciliens sont toujours plus enclins à une mobilité professionnelle interrégionale (+8 points versus 2018), quand les candidats en régions le sont de moins en moins (-5 points versus 2018)

 

Quant à la mobilité ou aux projets de mobilité des Français, ils sont finalement très simples. 

 

1er phénomène, c’est la région Rhône-Alpes, la nouvelle Aquitaine et les pays de Loire qui forment le tiercé gagnant des régions les plus attractives. L’Ile de France est en queue des préférences avec la Bourgogne Franche Comté.

La région rhodanienne arrive donc en tête des régions qui attirent le plus de candidats d'autres régions : 12,4% des candidats qui cherchent un emploi dans une autre région le font en Auvergne-Rhône-Alpes !
Arrive ensuite la Nouvelle-Aquitaine qui progresse nettement par rapport à 2018 (12,2% soit +2 points vs 2018). On retrouve ensuite les Pays de la Loire (10,3%), PACA (9,5%), la Bretagne (9,4%), le Grand Est, l’Occitanie et les Hauts de France ou la Normandie (entre 6 et 8% des demandes).  La région parisienne n'attire plus que 5% des candidats à la mobilité régionale. Plus grave, l’Ile de France exerce une très faible attractivité, mais en plus, elle a du mal à fidéliser ses propres actifs. 2 candidats sur 3 au changement consultent des offres d’emplois dans d’autres régions que l’Ile de France. 

Parmi les autres régions qui ont du mal à fidéliser leurs actifs, on trouve la Bourgogne Franche-Comté (43% regardent ailleurs), les Hauts-de-France (41%), l'Occitanie (41%) et le Centre-Val de Loire (39%).
A l'inverse, PACA (26%), la Bretagne (29%) et l'Auvergne-Rhône-Alpes (29%) sont les régions avec les actifs "les plus fidèles".

 

2e phénomène, les régions Auvergne-Rhône-Alpes sont également en tête des préférences pour les Parisiens. 

On pensait les Parisiens attirés par la Bretagne et tout l‘arc Atlantique, en fait, c’est la région lyonnaise qui attire le plus les Franciliens. Près de 15% des Franciliens qui cherchent ailleurs le font d’abord dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, puis en Nouvelle-Aquitaine, qui n'était pourtant que 6ème l'an dernier. Suivent ensuite les Pays de la Loire, le Grand Est, la Bretagne, les Hauts-de-France et PACA, attirant chacun entre 9% et 10,5% des Franciliens. La Bourgogne Franche-Comté est lanternerouge (3,6%).


3e phénomène, les métropoles ont toujours la cote mais surtout auprès des habitants de la région parisienne puisque Lyon attire 40% de candidats franciliens regardant vers la région Auvergne-Rhône Alpes, quand Lille attire 39% des Franciliens attirés par la région Hauts-de-France et Marseille-Aix en Provence. 45% de ceux qui se projettent en région PACA. Bref, les Parisiens aiment de moins en moins Paris mais quand ils cherchent à partir, ils ciblent en priorité Lyon ou Marseille. 

A noter que les actifs des Hauts-de-France sont ceux des régions françaises les plus attirés par un job et une vie en Ile de France ; ils sont suivis de près par ceux d’Auvergne-Rhône-Alpes et du Grand Est. 

 

Ce qui est intéressant aussi, c’est que les 3 régions les moins attractives pour les Parisiens sont le Centre-Val de Loire, la Normandie et la Bourgogne.