La voiture électrique en panne de batterie n’a plus la cote : le prix du lithium s’effondre

La surprise de l’été : l’excès d’optimisme sur la voiture électrique a cassé la spéculation sur le lithium. Les cours du lithium, ce « métal rare » utilisé dans la fabrication des batteries, continuent de baisser. Les prévisions sur l’électrique avaient fait la fortune des spéculateurs, mais ils ont vu trop grand. 

Le lithium ne fait pas partie des métaux précieux mais des métaux rares. En l’état actuel de la technologie, il est absolument indispensable à la fabrication des batteries électriques. Les Chinois sont passés maîtres dans cette industrie. D’abord, parce qu’ils possèdent des réserves naturelles importantes. Ensuite, parce qu’ils ont su les exploiter. D’où le fait que les Chinois soient devenus les premiers fournisseurs de batterie pour le monde de l’automobile. 

Les anticipations de besoin en lithium depuis 2015 avaient déclenché une spéculation effrénée et du coup, fait exploser les prix et les investissements. Depuis quelques mois, les marchés ont pris conscience que la demande en batterieq pour les voitures électriques ne serait pas aussi importante que l’ampleur des mouvements écologistes le laissait présager. Les prix se sont retournés à la baisse. 

Entre 2015, début de la spéculation et fin 2018, les cours du lithium avaient été multipliés par 4, passant de 6000 dollars la tonne à près de 24 000 dollars. L’intensification des campagnes anti-pollution en Occident, la promesse d’un développement de la voiture électrique et l‘anticipation d’un engouement des automobilistes pour la voiture propre laissaient prévoir une explosion du marché. Il faut dire que pendant cette période, les ventes de véhicules électriques ont porté le parc de ce type de véhicules à plus de 5 millions d’unités. Du coup, la plupart des constructeurs craignaient des difficultés d’approvisionnement en batteries et surtout une pénurie de lithium.

Les fournisseurs chinois en ont profité pour préempter le marché mondial. Les investisseurs se sont réveillés au point de financer l’ouverture de six mines d’extraction en Australie en 2017 et 2018 pour faire face à la demande prévisible. 

Le problème, c’est qu’à la mi-2018, on a commencé à percevoir un ralentissement des marchés mondiaux de l'automobile et surtout, on a constaté un tassement notable sur la voiture électrique. Au premier semestre de 2019, la demande de lithium a baissé et les cours ont chuté de 30%. Après avoir perdu 50% lors du deuxième semestre 2018.

Les anticipations de besoin avaient fait le jeu (et la fortune) des spéculateurs, l’excès d’anticipation est peut-être en train de causer leur ruine.

L’offre de véhicule électrique est devenue excédentaire et les constructeurs notent une évolution dans le comportement du consommateur. La voiture électrique est certes plus propre à l’usage que la voiture à carburation, mais son bilan carbone est-il véritablement meilleur que la voiture à essence (ou même au diesel), compte tenu des progrès technologiques réalisés sur les moteurs, compte tenu de la pollution entrainée par l’exploitation du lithium et des difficultés de recyclage des vieilles batteries. Sans parler des difficultés de recharge des batteries qui limitent actuellement le développement de l’électrique. 

L‘essentiel des recherches portent désormais sur des alternatives au lithium et notamment sur des batteries solides... Ce qui permettrait à l’industrie automobile mondiale de s’affranchir de l’emprise chinoise et surtout de développer des moyens de stockage de l’énergie électrique qui sont actuellement limités à ces batteries au lithium.