La méthode Trump : il endort ses électeurs pauvres avec le protectionnisme et fait un cadeau de 1000 milliards de dollars aux plus riches.

Entre la baisse de l’impôt sur les sociétés et le rapatriement des profits réalisés à l’étranger, Donald Trump va faire un cadeau de 1000 milliards de dollars aux actionnaires américains. 

 

Donald Trump est d’une habileté rare que Machiavel lui-même n’aurait pas assumée.

En menaçant le monde du business d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium et pourquoi pas sur les importations automobiles, Donald Trump a rappelé que les mesures protectionnistes faisaient partie de son programme de candidat et que lui président, il respectait ses promesses de protéger les travailleurs américains fragilisés par les excès de la mondialisation. On peut alors imaginer que les travailleurs en question, ceux qui ont voté pour lui, boivent du petit lait pendant que la grande finance pleure... sauf que la réalité est bien différente et que les larmes de Wall Street sont des larmes de crocodile.

La réalité, c’est que personne ne croit que le président américain prendra le risque de déclencher une guerre commerciale qui serait meurtrière pour tout le monde.

A quelques jours de la signature finale des accords de libre échange de l’Alena (accord entre les USA, la Canada et le Mexique), tout le monde a compris que Donald Trump abattait une dernière carte pour obtenir un ultime assouplissement en faveur des producteurs américains.

Dans cette partie de poker menteur, le spécialiste sait bien que le protectionnisme aurait été catastrophique pour tout le monde et surtout pour les populations les plus pauvres puisque les barrières tarifaires se traduisent mécaniquement soit par une baisse de consommation, soit par une augmentation des prix.

Wall Street a très vite compris que les menaces de Donald Trump ne seront pas mises à exécution.

Ce qui est extraordinaire dans ce débat, c’est qu’il sert de rideau de fumée pour faire oublier qu’au même moment, Donald Trump a pris des mesures fiscales qui reviennent à déverser des montagnes de liquidités sur les entreprises et leurs actionnaires. Entre la baisse des impôts sur les sociétés et les obligations faites aux multinationales de rapatrier aux USA les profits réalisés à l’étranger, c’est plus de 1000 milliards de dollars qui seront déversés sur l’économie américaine. 1000 milliards de dollars, c’est quand même considérable.

Alors ce qui est étonnant dans cette politique, c’est que normalement on aurait pu penser que la gouvernance américaine essaie de flécher cet argent sur des investissements collectifs ou des investissements de recherche pour développer les secteurs où l‘Amérique a un avantage compétitif, ce qui aurait permis d’apporter des activités nouvelles pour compenser celles qui sont en train de mourir et que Donald Trump fait mine de vouloir protéger en freinant les importations.

Cet argent va certes servir à financer des augmentations de salaires, on l'a vu chez Wal-Mart ou chez Mcdo, financer aussi des créations d’emplois (chez Amazon) soit pour l'emploi environ 20%, financer par ailleurs quelques investissements en recherche pour 10% environ. C’est peu.

La grande masse de cet argent sera consacrée aux actionnaires, soit sous forme de dividendes, soit sous forme de rachats d’actions. A un moment où l’économie US est au bord de la surchauffe et de l’inflation, un tel déferlement d’argent ne semble pas le plus opportun.

Alors, les actionnaires sont très nombreux aux USA puisque les fonds de retraite sont des fonds de capitalisation investis en bourse. Ceci étant, le gros de cet argent va arroser la spéculation financière.

Les hommes de Wall Street ont quelques raisons de ne pas croire à la réalité d’un risque de guerre commerciale. L’année 2018 outre-Atlantique sera flamboyante