La majorité des crises mondiales surgit l’été. Pour beaucoup, 2017 n’échappera pas à cette loi des séries. Les risques et les signes s’accumulent.

La majorité des crises mondiales surgit l'été, mais jamais au même endroit, jamais pour les mêmes raisons. Cette année, les prévisionnistes s'attendent à une tempête financière, mais pas seulement.

 Alors que les historiens nous rappellent que les crises mondiales les plus graves se déclenchent en général l’été, les analystes estiment que les risques d’une tempête monétaire se multiplient à grande vitesse.

Le seul problème, c’est que les mêmes analystes sont incapables de nous dire la gravité systémique et l’origine.

Toujours est-il qu’ils considèrent que les marchés financiers sont tellement boursoufflés qu'ils vont finir par exploser.

Les analystes voient les risques s’accumuler à deux niveaux :

Au niveau des marchés financiers d’abord. La bourse de New-York aujourd’hui termine la saison au plus haut, puisque la valeur des actifs cotés à New York dépasse 30 années de bénéfices moyens réalisés depuis 30 ans. Sur le Nasdaq, beaucoup plus volatile, les valorisations d’entreprises qui, dans le numérique, ne dégagent pourtant qu'assez peu de bénéfices, sont assez extravagantes. On atteint des sommets historiques. Une euphorie qui, depuis six mois, entoure les appels de fond extravagants pour les sociétés du digital non cotées. Mais la bourse de Paris paraît aussi un peu surcotée. Tout comme la bourse de Shanghai où les chinois spéculent comme des joueurs de casino. Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel et pour beaucoup, les arbres aujourd’hui tutoient le ciel des économies.

Au niveau des monnaies ensuite, parce que si l’été 2017 peut nous épargner surement d’une crise sur l’euro venant de Grèce  -la Grèce a trouvé une solution en juin pour régler ses échéances- mais l’euro peut nous gâcher l’ete pour cause de fièvre sur les dettes d’état . Par ailleurs le dollar et le yuan chinois peuvent encore s’affronter sur fond de guerre protectionniste.

Les systèmes économiques regorgent de liquidités généreusement distribuées par les banques centrales pour éteindre les incendies, mais attention au réveil quand les taux d’intérêt vont remonter et que les banques centrales commenceront à restreindre l’accès à l’open bar monétaire. Donc les pretextes et les virus sont innombrables.

D’autant qu'on sait que si l’argent des banques centrales à servi à l’économie réelle, il a aussi servi à alimenter l’inflation sur les actifs financiers et accessoirement à favoriser les endettements publics. Les Etats se sont endettés plus facilement que les entreprises.

Bref, cette situation dont la plupart des acteurs de l’industrie financière profite, ne peut pas durer. La seule question, personne ne sait quand ça va craquer et quelle peut être l’ampleur systémique du décrochage.

Alors, les risques de crises qui se déclenchent l’été, ne sont pas toujours d’ordre économique, financier ou monétaire, même si les crises sur l’euro ont souvent eu lieu l’été.

La crise de 1929 est partie d’un krach immobilier en juin, en Floride pour contaminer la bourse à la fin de l’été indien sur New-York, le 29 octobre. 

La crise du dollar, qui a provoqué l’inconvertibilité-or de la monnaie américaine, s’était déclenchée en juillet. Le président Nixon a pris la décision historique de dévaluer le dollar au début du mois d’août. Le tremblement de terre a été mondial.

La bulle internet a explosé à l’été 2000,

La crise des subprimes à l’été 2008 avec la faillite de Lehman Brothers à la fin de l’été en septembre.

Bref, on pourrait multiplier les exemples dans le passé.

Mais l’été ne s'est pas gardé les seules crises financières, les crises diplomatiques, les guerres, les crises naturelles ... ont aussi été légion.

Les prévisionnistes n’excluent pas cette année des nouveaux départs de feu, au Moyen Orient, en Chine ou en Inde parce que le monde entier aujourd’hui dépend de l’équilibre à Pékin ou à Dehli. La Chine et l’Inde représentent désormais plus de 30% de la croissance mondiale. Si les deux principaux émergents tombent en panne, c’est la planète qui s’arrête.

Mais ils s’inquiètent des nouveaux risques.

Exemple 1 , les risques climatiques. S’il y a un rapport entre le réchauffement climatique et le déclenchement des tsunamis, ces tsunamis sont de plus en plus catastrophiques. D’abord, parce que les populations ont beaucoup migré en bordure des côtes et cela sur tous les continents, mais aussi parce que les zones côtières sont très investies en immobiliers et en actifs de production. Donc les dégâts sont énormes.

Exemple 2 et gros sujet d’inquiétude, la cyber criminalité, parce qu’on ne sait pas la prévenir, on ne sait pas d’où elle vient. La cybercriminalité a –t-elle une finalité politique, ou économique? Toujours est-il que les victimes ne disent pas toujours si elles sont atteintes et dans quelles proportions. Toujours est-il que les attaques se sont multipliées et qu’elles ont fait de plus en plus de dégâts.