La France de l’élection présidentielle, c’est "Jurassic Park" : 9 candidats à la présidentielle sur 11 sont protectionnistes, anti-européens ou carrément communistes

Neuf candidats sur onze sont de vrais dinosaures : ils défendent des idées protectionnistes, anti-européennes et la moitié relaie des idées communistes qui datent de plus d’un demi-siècl

On peut raconter ce qu’on veut, même si les onze candidats à la présidentielle appartiennent à l‘élite de la classe politique française, il va falloir sérieusement s’interroger sur leur processus de sélection, parce que cette élite-là ne reflète absolument pas la diversité sociologique française et ne répond pas à la demande ni à la modernité du pays. Les idées diffusées pendant la campagne ont un demi-siècle d’histoire de retard. Elles ne correspondent absolument pas à la France d’aujourd’hui. Démonstration :

La France est un pays riche, parmi les plus développés du monde, avec certes des structures qu’il faudrait rénover, mais les hommes politiques la traite comme si l’Hexagone abritait Jurassic Park. C’est invraisemblable.

La réalité du pays est très simple. Près de 67 millions d’habitants dont 60 % habitent déjà dans les villes de plus de 100 000 habitants et plus particulièrement dans des grandes métropoles que sont Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse. Comme la tendance mondiale, la majorité des français est urbanisée.

La population active, au travail ou en âge de travailler représente 25,8 millions d’actifs ayant un emploi et 2,8 millions de personnes au chômage.

Près de 5,9 millions de français travaillent dans les trois fonctions publiques: l’Etat avec 2,6 millions de fonctionnaires, l’hôpital avec plus d’un million et les collectivités locales, avec 1,9 millions de salariés.

Il y a 20 millions de travailleurs dans l’économie de marché, c’est-à-dire dans des entreprises privées ou soumises à la concurrence.

A noter que plus d’un emploi sur trois en France, soit près de 10 millions, dépend directement de l’international, dans des secteurs divers comme le tourisme, les exportations ou les importations, services et notamment les banques et enfin l’agriculture, pour plus de la moitié de la valeur créée).

On pourrait détailler ainsi la photographie des français, en ajoutant que plus de la moitié des français sont propriétaires de leur habitation principale, plus de 10 millions sont musulmans, qu’il reste en France 3 millions d’ouvriers, 10 millions d’employés, 2 millions de commerçants, 1,2 millions d’autoentrepreneurs, 4 millions de cadres et 1 million de cadres dirigeants.

On pourrait aussi ajouter que 20 % des contribuables paient 80 % de l’impôt sur le revenu et que 400 000 familles paient l’impôt sur la fortune.

Ajoutons qu’il existe 15 millions de retraités, que leur nombre a tendance à augmenter  et 10% de chômeurs, soit environ 3 millions.

Alors, il faudrait évidemment mentionner aussi les pauvres, les chômeurs en fin de droit ou les oubliés de l’administration et de la protection sociale, des vrais pauvres, environ 2 millions, ceux qui n’ont que le RSA et encore pas toujours.

Une France bien diverse, et cette population dans son ensemble n’a aucun intérêt à se replier sur elle-même. Elle n’a aucun intérêt à déstabiliser le système sur lequel l’ensemble de cette économie fonctionne. Elle pourrait certes fonctionner mieux. L’amélioration devrait être l’enjeu de la présidentielle, et non pas de tout casser.

Car, au-delà de sa diversité, cette France-là appartient à l’Union européenne, et quand on interroge les français depuis 10 ans, plus de 75% des français considèrent que l’euro a été un des progrès les plus importants, et ne veulent surtout pas le quitter. Plus de la moitié des étudiants post-bac a le projet de bénéficier des programmes Erasmus.

Tout cela fait un portrait d’une France assez protégée qui se situe parmi les cinq pays les plus riches du monde, celui qui arrive en tête selon les sondages de tous les pays dans le monde entier que l’on rêve de visiter ou même d’habiter. C’est aussi celui où la qualité du modèle social est la plus grande. Le monde entier rêve de la générosité de notre sécurité sociale, de la beauté romantique, de nos décors et du talent de notre cuisine.

Et bien, les candidats à la présidentielle ne doivent pas venir de la même planète. C’est impossible. Huit candidats sur onze considèrent que la France est un champ de ruines et que le désastre est venu de la mondialisation des activités, de l’appartenance à l‘Europe et du jeu de l’euro... 5 candidats, pas moins, sont issus ou nourris des idées du parti communiste ou des idéologies marxistes et trotskystes. Ils travaillent donc hors système, contre le système économique, une bataille appartenant au siècle dernier et sans jamais se moderniser. 

Ils tiennent des discours populistes et démagogiques qui marchent, des discours de protection contre les risques, les peurs et les dangers des mutations. Un discours contre l’Europe, contre les multinationales, un discours frileux.

Même les syndicats commencent à être plus raisonnés. Les responsables politiques, eux, devraient quand même, s’interroger pour savoir pourquoi un syndicat comme la CFDT, qui porte l’ambition de construire une société de compromis et de dialogue, de performance économique, de concurrence et d’Europe, est désormais en tête dans toutes les élections syndicales, devançant la CGT qui se cramponne à des logiques de crise, de conflit et de protections.

Les responsables politiques devraient se demander aussi pourquoi le monde agricole, qui connaît certes des difficultés et dont on dit qu’il serait tombé dans les bras du Front national, pourquoi cette population-là vient de choisir à la tête de la FNSEA, une femme agricultrice qui appartient à un secteur de l’agriculture très souvent en crise (l’élevage de porc). Une femme, Christiane Lambert qui est engagée dans la modernisation de systèmes de production, engagée sur les marchés européens, qui ne donnera pas de consignes de vote, sauf celle d’éviter Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon.

Finalement, les français semblent être moins archaïques et conservateurs que leurs candidats à la présidentielle. Et ce sont peut-être des gens comme Laurent Berger de la Cfdt ou Christiane Lambert, et bien d’autres qui travaillent dans d’autres secteurs, luxe, digital, qui font de la vraie politique. Celle de faire s’adapter nos institutions et nos systèmes aux mutations que le monde connaît.