La France dans les 5 pays les plus attractifs de la planète... Les Etats-Unis restent champions du monde, les Chinois reculent gravement.

L’effet Macron continue de fonctionner auprès des investisseurs étrangers, puisque la France est entrée pour la première fois dans le Top 5 des pays les plus attractifs du monde... 

Les consultants du cabinet AT Kearney, qui mesure chaque année l’attractivité des pays auprès des investisseurs internationaux, en ont été surpris eux-mêmes. En dépit du mouvement des gilets jaunes qui a quelque peu écorné l’image de la France auprès des touristes étrangers depuis près de six mois, les investisseurs étrangers ont continué de croire à « l’effet Macron » enclenché au lendemain de l’élection présidentielle de 2017.

AT Kearney, qui fait autorité dans le monde des affaires pour évaluer le moral des troupes qui font la guerre économique dans le monde et par conséquent pour alimenter les études d’implantations et de prospectives d’activité, vient d’intégrer la France dans le Top 5 des gagnants.

Pourquoi ? Parce que la prévision des flux d’investissement permet d’appréhender assez fidèlement l’évolution de l’activité et de l’emploi. Le classement qui vient de sortir porte sur les chiffres 2018 :

1er Etats-Unis

2e Allemagne

3e Canada

4e Royaume-Uni

5e France

 

La tête de liste n’a donc pas changé depuis 8 ans. Les Etats-Unis restent les champions du monde et Donald Trump avec ses tweets, ses convictions, son langage un peu brutal, a encore renforcé la situation américaine. Cela dit, l’essentiel des investissements américains a lieu aujourd’hui dans l’industrie digitale, l’entertainment (la vidéo, le cinéma et la musique) et l’énergie. La performance est donc plus structurelle que politique.

L‘Allemagne a conservé une place de leader grâce à son industrie traditionnelle très compétitive, suivi par le Canada où l’industrie de l’énergie et du digital tirent l’activité.

La Grande Bretagne reste le 4ème pays le plus attractif du monde, en dépit des risques du Brexit, mais cette position semble entretenue par la conviction partagée par une majorité d’investisseurs que le Brexit finira par être abandonné, ou alors ne changera pas fondamentalement l’ordre des choses. Pour les investisseurs, ce qui compte, c’est que la Grande Bretagne conserve son passeport européen, son accès libre au grand marché et ses avantages fiscaux avec la flexibilité sociale. Bref, le beurre de l‘Europe et l’argent du beurre. Ça n’est pas exclu.

 

Au-delà de ces ajustements, ce hit-parade offre deux surprises :

Le premier fait nouveau dans le classement AT Kearney, c’est l’arrivée de la France dans le quintet de tête. Les investisseurs considèrent que les réformes structurelles qui ont été votées au début du quinquennat sont importantes (droit du travail et fiscalité du capital), que l‘attitude d’Emmanuel Macron reste très pro business, que le mouvement des gilets jaunes peut donner un coup de boost au marché de consommation et qu‘enfin, les atouts de la France pour entrainer l’Union européenne sur la route d’une redynamisation de son activité dans la concurrence mondiale, sont solides. Bref, l’effet Macron n’est pas tombé dans le logiciel des investisseurs étrangers et c’est sans doute ce qui explique la confiance que le président de la République conserve dans la réussite de sa politique.

Pour beaucoup d’hommes d’affaires, Emmanuel Macron est un mixte entre Churchill et Kennedy. Churchill pour la certitude parfois arrogante d’avoir raison et Kennedy pour l’obsession de la modernité.

Donc, s‘ils ajoutent à cela les facteurs objectifs d’attractivité que la France doit à ses équipements collectifs, ses services publics, son histoire et sa culture, les investisseurs maintiennent leur confiance. Donc ils investissent. Le problème aujourd’hui, c’est qu’ils ne votent pas en France ce qui pourtant arrangerait bien les perspectives électorales du président. Emmanuel Macron est majoritaire dans l’opinion publique internationale. Il est minoritaire dans l’hexagone. Ce n’est pas forcément confortable !

Ceci dit, dans l’équation qu’on essaie d’équilibrer à l’Elysée, on compte évidemment sur la continuation du flux d’investissement et que ce flux finira par produire des effets sur la situation économique en terme de croissance, en termes d’emplois et en termes de recettes fiscales, ce qui permettra à terme, d’amortir les frais généraux et particulièrement ce qu’a couté le règlement de la colère des gilets jaunes (17 milliards d’euros).

Le deuxième fait nouveau, c’est le recul très sévère de la Chine. Alors que la Chine a occupé la première place dans le classement des pays les plus attractifs du monde pour les investissements entre 2002 et 2012, la Chine est tombée au 7e rang. C’est le plus mauvais classement depuis la création de ce hit-parade qui remonte à 1998.

Le déclassement de la Chine traduit un vrai changement. D’abord, on constate que la Chine a pendant dix ans profité à fond des délocalisations industrielles. Ensuite, on observe le ralentissement qui traduit sans doute les effets induits des excès de la mondialisation, mais aussi, le changement de braquet avec l’arrivée de Xi Jinping qui a refermé le marché intérieur, et enfin la réaction américaine conduite par Donald Trump. Le climat de protectionnisme ambiant pèse sur la croissance mondiale mais pénalise aussi grandement la Chine qui a besoin d’activité. D’où le pari de l’Amérique pour laquelle Xi Jinping sera obligé de céder sur un compromis d’ouverture. 

(voir à ce propos l’article d’hier :   https://www.atlantico.fr/decryptage/3572231/pour-quelques-intellectuels-chinois-et-l-elite-des-affaires-de-shanghai-donald-trump-peut-sauver-la-chine-du-conservatisme-de-xi-jinping-et-l-obliger-a-reformer-son-systeme-jean-marc-sylvestre)