Dettes, commerce extérieur, écologie : les trois dossiers où l’immaturité coupable des hommes politiques nous conduit à la faillite

Ou bien les hommes politiques n’ont rien compris, ou alors ils le font exprès par pure démagogie et cynisme. Dans les deux cas, c’est catastrophique.

Sur la gestion de la dette extérieure, sur l’analyse du déficit commercial et sur la contrainte écologique, les responsables politiques candidats à l’élection présidentielle sont d’une immaturité coupable à moins qu‘ils soient d’un cynisme total. Au choix. Sauf que le résultat est catastrophique.

Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Marine Le Pen sont, sur ces trois dossiers, dans la caricature. Mais François Fillon et Emmanuel Macron, qui ont pourtant des logiciels plus responsables, ne sont pas à l’abri de dérapages démagogiques.

Ces débordements concernent principalement trois grands dossiers. Leur présentation et les projets de gestion témoignent ou d’une méconnaissance totale des contraintes économiques ou alors d’une irresponsabilité catastrophique.

1. La dette publique. Tout le monde, à droite comme à gauche, reconnaît que la dette publique et sociale est telle qu’elle pourrait devenir insupportable, parce qu’elle pèse sur les dépenses publiques et que son financement absorbe une part importante de l’épargne qui serait mieux employée dans l’investissement, producteur de croissance et de richesse. Or, ça n‘est pas le cas, la dette sert à financer des dépenses de fonctionnement. Nous sommes un peu dans le cas d’une famille à la limite du surendettement. On emprunte pour couvrir nos dépenses quotidiennes. La faiblesse des taux d’intérêt, la richesse patrimoniale et la solidarité de l’Union européenne rendent possible des refinancements de la dette. Mais là encore, cette situation ne durera pas.

A partir de ce constat, les responsables politiques en déduisent la nécessité de renégocier cette dette afin d’en alléger le poids. Ils ont raison, on peut demander une renégociation de la dette ou même imposer un abandon de remboursement. Sauf que ce type de restructuration ne fonctionne que si on s’interroge sur les raisons de notre endettement excessif et si on prend la décision de stopper les besoins.

A ce moment-là, les créanciers feront un effort. Parce que c’est eux qui doivent prendre en charge la restructuration. Ces créanciers sont les épargnants nationaux pour 40%, nos voisins de l’Union européenne pour 60%. Décider de façon unilatérale, des abandons de dettes, ou imposer des restructurations sans donner de garantie sur le redressement conduit tout droit à la catastrophe ; parce qu’en dépit de l’imagination de Jean-Luc Mélenchon, de la jeunesse de Benoit Hamon ou du charme de Marine Le Pen, les créanciers fermeront le robinet du crédit. Et le crédit c’est notre oxygène. Si on veut étouffer complètement le pays, il n’y a pas de moyen plus rapide.

2. Le déficit extérieur est un autre dossier sur lequel on pose une analyse aberrante. Le déficit extérieur fait la balance entre les importations (ce qu’on achète à l’extérieur) et les exportations (ce que l’on vend.) Phénomène très simple, les importations sont payées par les exportations ou alors par du crédit mais ça n‘est pas tenable très longtemps.

La réaction de la plupart des candidats à la présidentielle est d’attacher assez peu d’importance à ce phénomène. Certains y voient même le signe d‘une amélioration du climat économique. Si la France est en déficit commercial, c’est que les Français consomment !!! Evidemment ! Et dans la foulée, les mêmes réclament une politique de soutien de la demande et du pouvoir d’achat. Sauf que sur 10 euros distribués en France, 8 vont se dépenserà l’étranger et créer de la valeur, de la croissance et des emplois, mais ailleurs que chez nous. 

Les mêmes nous expliquent que si l’Union européenne est déséquilibrée c’est parce que l‘Allemagne est en excédent commercial et que pour réduire cet excédent, il faudrait que les Allemands consomment plus.

Si les Allemands doivent consommer plus, la logique voudrait que nous consommions moins.

La vérité dans tout cela est que la France a un problème d’offre.Notre appareil de production est incapable de répondreà la demande. Question de compétitivité coût et hors coût. C’est vrai que nous sommes parfois trop chers. Mais c’est surtout que nous avons perdu les lignes de production.

En toute logique, l’urgence des urgences serait de créer un écosystème pour favoriser un retour de l’offre à forte valeur ajoutée dans l’Hexagone. Ça demandera du temps, encore faut-il s‘y mettre.

3. L’arrogance écologique. Personne ne conteste en France et dans le monde que la planète va au devant d’une pénurie de matières premières, une raréfaction des énergies fossiles et d’une dégradation de son environnement pour cause d’émission de gaz à effets de serre. Ce diagnostic-là est partagé. Les différences d‘analyse portent sur le calendrier et l’ampleur du changement.

Ceci étant, la réponse la plus fréquente des hommes politiques candidats est d’adhérer et de relayer une idéologie de l’écologie punitive ou malthusienne qui revient à asservir les entreprises. D’où moins de croissance, plus de mutation ou d’interdit. Il y a pourtant d’autres solutions. Qui passe par l’innovation, la recherche et l’intelligence collective des actionnaires (qui font pression), des personnels et des clients. Qu’il y ait des normes négociées au niveau international oui, mais il faut savoir qu’en Chine dans certaines municipalités, ou dans des grandes entreprises internationales, on fait des efforts pour accélérer la mutation écologique dans des proportions beaucoup plus importante que les normes négociées par les politiques. Et ceci sous la pression des actionnaires, des personnels et des clients qui imposent de fait des stratégies écologiquement responsables. Ce qui est décourageant, c’est que les dirigeants politiques ne prennent pas en compte ces forces-là qui sont pourtant beaucoup plus puissantes que la force des contraintes administratives.

La contrainte administrative n’est sans doute pas inutile, mais comme elle est maniée sans nuance, elle conduit très souvent à l’étouffement de l’activité.