Début de panique à Wall Street où les valeurs américaines ont perdu brutalement plus de 6% une heure avant la clôture.

La bourse américaine n’aurait pas résisté au signal donné par la Réserve fédérale de remonter les taux d’intérêt, c’est à dire de revenir à la normale.

 

Des pertes boursières et des crises, les américains en ont connu dans leur histoire, mais des effondrements aussi rapides qu’hier soir, c’est du jamais vu. Le Dow Jones a finalement limité sa perte à 4,6%. Le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques, a dévissé de 3,78% pendant que le S&P laissait 4,11%.

La semaine boursière a donc commencé par un avis de tempête les marchés où les investisseurs étaient nombreux à penser que les records accumulés allaient entrainer une correction dans le contexte de tension sur les taux de rendement obligataires et sur l'inflation.

Le Dow Jones a perdu 1.600 points en séance, touchant un plus bas du jour à 23.923,88 points.

 

Ce coup de grisou s’explique essentiellement par une statistique mensuelle de l'emploi aux USA qui a montré une forte croissance des salaires, interprétée comme une tension inflationniste, d’où l'ascension des rendements obligataires et rendant plus que probable de la part de la banque centrale un tour de vis monétaire plus serré.

A priori, le scénario de hausse des prix n'a pas été corrigé. Les traders tablent sur trois hausses des taux en 2018. Cela dit c’est vrai, si les résultats des entreprises continuent d'être aussi brillants, il pourrait y avoir un quatrième relèvement.

En attendant, toutes les valeurs cotées ont été atteintes par ce mouvement de défiance. Toutes les valeurs composant le Dow Jones ont fini dans le rouge,

Des spécialistes comme Mona Mahajan de chez Allianz Global Investir expliquait la nuit dernière : "Quand les taux montent, cela veut dire que les conditions financières seront moins larges. Le crédit bancaire, le crédit immobilier vont connaître un coup de frein et l'économie va se retrouver exposée au risque de récession. Je crois qu'on a un recalibrage à la fois de la bourse et du marché obligataire".

 

La majorité des professionnels considère que le signal d’un retour à la normale a été spectaculaire et brutal.

La hausse des taux et le risque de tensions inflationnistes ont décidé les traders à se dégager et à prendre des bénéfices fabuleux. A moins que ce ne soit les algorithmes de gestion qui aient déclenché le mouvement. « Il faut saisir ce que les banquiers centraux nous ont permis de gagner pendant deux ou trois ans, avant qu’ils ne le reprennent ».

Comme toujours, les plus gros vendent, ils ramassent des plus values et ils décident les autres épargnants à vendre. Dans ce cas-là, le mouvement baissier sera franchement dangereux.

 

A voir donc ce qui va se passer dans les jours qui viennent et comme souvent, tout va dépendre de la politique.

D’abord, tous ceux qui n'ont jamais pensé que Donald Trump pouvait être raisonnable et responsable, vont mettre ces baisses au débit de sa politique. Cela dit actuellement, la bourse ne bouge pas pour des raisons politiques.

Là où la bourse peut bouger, c’est si la politique essaie d’intervenir. Le monde de l’économie ne va pas souffrir de la baisse boursière. Le monde des affaires supportera beaucoup plus mal la hausse de taux et le resserrement du crédit.

 

Preuve s‘il en était besoin que, quand on met une économie sous perfusion monétaire, elle survit, elle attrape même la fièvre, mais il arrive un moment où elle est en overdose. Il faut donc débrancher le malade alors qu’il ne s’est pas guéri totalement.

Pour l’instant, l’Europe est hors du jeu. L’Europe reste perfusée mais pour combien de temps ?