C’est qui le patron 2017 ? Ceux qui ont le plus marqué l’année sont : Jeff Bezos (Amazon), Carlos Ghosn (Renault) et Xavier Niel (Free)

Les milieux d’affaires adorent les compétitions, un peu comme les hommes politiques. Les classements sont nombreux et vont du plus riche au plus influent. Le tiercé gagnant est dans l’ordre : Jeff Bezos, Carlos Ghosn, Xavier Niel.

 

Dans cette année de forte croissance partout dans le monde, les locomotives du redressement sont industrielles et financières. Les chefs d’entreprise se classent comme les élèves de grandes écoles. Il y a le classement des plus riches, le classement des plus fortes capitalisations, des plus innovants, des plus « social », des plus influents dans le monde .

Quand on reprend tous ces classements, celui de The Economist qui classe des dirigeants de multinationales, celui de Bloomberg qui s’intéressent aux financiers, celui du Financial Time et de Forbes, celui en France de Challenges ou de Capital, on tombe sur un tiercé gagnant qui laisse place à quelques surprises et notamment la première place.

 

Médaille d’or : Jeff Bezos, la barre des 100 milliards franchie

Deux satisfactions pour l’homme à la tête d’Amazon, et pas des moindres. Celle d’être monté de quatrième fortune mondiale à la première en ravissant le podium d’homme le plus riche du monde ; à Bill Gates.

Mais aussi celle d’avoir décuplé la puissance de sa société, dont certains analystes n’hésitent pas à dire qu’elle peut être plus puissante que Google et Facebook réunies. Amazon ne se restreint plus au monde du e-commerce. Ca, c’était avant.

Ses succès de l’année ? Il y en a eu en fait plus d’un. Du rachat de la chaine de magasins bio Whole Foods – largement plébiscitée par les marchés – et qui donne une dimension différente à Amazon, celle de posséder des magasins physiques, ou le lancement des propres marques dans les rayons d’Amazon pour le secteur de la grande consommation.

Le gros pari qu’il s’était fait, c’était d’inventer le Black Friday et d’en faire un événement mondial du e-commerce. Chose faite cette année, vous n’aviez surement jamais autant entendu parler de cette période de soldes qui arrive après le weekend de Thanksgiving ! Le cours de bourse s’est envolé, de même que la richesse de Jeff Bezos qui a pris en trois jours dans l’affaire plus de deux milliards de dollars, faisant monter sa fortune personnelle à plus de 100 milliards de dollars.

Il faut dire que sa fortune est composée en majorité d’actions Amazon et est donc tributaire du cours de bourse, qui a lui, grimpé en flèche tout au long de 2017 (+57% depuis le 1er janvier). Jeff Bezos possède 17% du capital d’Amazon, soit l’équivalent aujourd’hui de plus de 90 milliards de dollars. A cela, il faut rajouter ses investissements dans les startups comme Airbnb, Uber ou Twitter, à leur tout début. De quoi lui donner l’envie et la possibilité d’un coup d’éclat avec la prise de l’un des trois dans l’escarcelle d’Amazon ?

 

 

Médaille d’argent : Carlos Ghosn en patron accompli se prépare à tirer sa révérence.

Il se prépare des choses intéressantes du côté de l’automobile et cette année, Carlos Ghosn, le PDG de l’Alliance Renault-Nissan nous l’a bien prouvé.

Pour la presse anglo-saxonne et les analystes financiers, Carlos Ghosn a tout réussi. La mondialisation de ses marques, les progrès dans le digital et la voiture connectée, la productivité industrielle et la relation client.

Pour la première fois, Renault-Nissan a devancé Volkswagen et Toyota dans la course des constructeurs mondiaux pour le 1er semestre 2017, d’après le Financial Times. Renault-Nissan, 1er constructeur mondial, c’était le vœu le plus cher de Carlos Ghosn depuis des années. Un succès pour la Zoe, la principale voiture électrique de la gamme, dont les commandes ont fait un boom ces dernières semaines, à tel point que les usines de Cléon et de Flins tournent à plein régime avec des effectifs supplémentaires.

Alors, on pourrait dire qu’il mérite sa place car le sujet de la rémunération du président de Renault n’est pas revenu sur le devant de la scène cette année. L’assemblée générale l’ayant cette fois approuvée.  2017, c’est surtout l’année où pour la première fois,

2017 signe surtout la fin d’un froid entre Carlos Ghosn et Emmanuel Macron quant à la présence de l’Etat au capital de Renault et des droits de vote double, l’Etat avait atteint la minorité de blocage pendant les années Macron à Bercy, au plus grand mécontentement du président de Renault. Est-ce à dire que ce dernier a remporté la partie?

L’agence des Participations de l’Etat a en tout cas cédé cette année la participation de 4,7% qui avait été achetée deux ans plus tôt. Aujourd’hui, la part de l’Etat est revenue à 15%.

Mais si on croyait Carlos Ghosn plutôt fâché avec les français, celui-ci a préféré nous surprendre par l’annonce surprise d’une prise de participation dans la presse française et le groupe de Claude Perdriel, Challenges. Ca ne lui a pas couté très cher et l’annonce qu’il a justifiée comme une innovation peut lui rapporter gros.  La réflexion de Carlos Ghosn est celle-ci : la voiture devenant de plus en plus autonome, il est nécessaire de penser aux services que l’on va pouvoir offrir aux conducteurs pour les occuper, comme leur proposer du contenu numérique.

Cette collaboration avec Challenges, c’est aussi un moyen de contrer les GAFA en prenant un coup d’avant. Tandis que pour la presse, avoir un nouveau canal de distribution et une audience renforcée par les conducteurs de voitures électriques et autonomes, c’est quand même une très bonne nouvelle.

Après le coup du patron innovateur et de son plus grand pari réussi, c’est en patron rationnel que Carlos Ghosn a choisi de préparer sa sortie. 63 ans aujourd’hui, il avait déjà décroché de la direction opérationnelle de Nissan et il se prépare maintenant rendre le flambeau côté Renault. Le candidat devrait être désigné dès février pour être approuvé par la prochaine assemblée générale. Et Carlos Ghosn pourrait bien nous réserver une dernière surprise, en poussant une femme, une de ses fidèles depuis de nombreuses années à la Direction Générale, Mouna Sepehri.

 

Médaille de bronze : Xavier Niel, le patron des entrepreneurs a tout compris

Le roi des télécoms, cette année, c’était bien lui. Alors que son concurrent Patrick Drahi avec Altice s’est fracture le nez en bourse, Xavier Niel a eu le droit à une année en or. Du côté personnel, il a fait fructifié son patrimoine estimé aujourd’hui à 8,3 milliards de dollars, lui permettant de détenir l’ancien yacht de Bernard Tapie. Mais il a affirmé aussi la volonté d’étendre son empire des télécoms.

Après avoir obtenu une licence de téléphonie mobile pour Free en Italie, il a signé ces dernières semaines la prise de participation dans un opérateur historique irlandais.

Mais ce dont le patron français peut être le plus fier cette année se trouve probablement dans l’est parisien. Et il y croit car il y a investi lui même 250 millions d’euros. Station F est le plus grand incubateur d’entreprises au monde qu’il a crée à la Halle Freyssinet. Depuis le mois de juin, 1000 start-ups y sont hébergées et les entrepreneurs sont aidés pour faire pousser leur entreprise.

 « Je ne suis pas sûr que l'image du patron à l'ancienne corresponde à ce dont ont besoin les start-up technologiques » déclare le patron de Free et sa maison-mère, Iliad dans un entretien. Ce qu’il a compris, c’est qu’il fallait un mix des deux genres pour réussir.

D’un patron ancienne génération, il a cette proximité des pouvoirs et des médias. Il détient Le Monde et L’Obs en tant qu’actionnaire individuel aux cotés de Mathieu Pigasse, Et il est assez proche d’Emmanuel Macron. On sait que Xavier Niel fait partie des hommes que le président aime consulter, mais ce qui les unit surtout, ce sont leurs femmes. La première, directrice générale de Louis Vuitton aime à habiller la seconde, la Première Dame.

D’un patron de start-up, il a le langage, le look, les illusions et les motivations d’un premier entrepreneur pour qui tout est possible, dont le pouvoir de changer le monde.